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Bangladesh, le pays perdu.


Jean-Marc Armani

Le Bangladesh est le pays des tristes records. De ceux qui vous donnent l’irrépressible envie de vous taper la tête contre un mur ou de fuir. Dans un Etat qui atteint allègrement des sommets en matière de pauvreté et d'analphabétisme, il fallait en plus que la vie soit continuellement soumise aux pires catastrophes naturelles. Cyclones terrifiants, inondations annuelles confinant au déluge, nappes phréatiques massivement empoisonnées à l’arsenic. La moitié des millions de puits que compte le pays sont contaminés, et la moitié de la population boit de ce poison… Tout cela prend des proportions effrayantes au vu du nombre de gens concernés car hormis les très petits Etats tels que Singapour et Bahreïn, le Bangladesh est le pays le plus densément peuplé de la planète. Et comme si cela ne suffisait pas, Dhaka sa capitale est la métropole la plus polluée au monde par les gaz d’échappement et le plomb. Elle est aussi la ville comptant le plus de bidonvilles, on en dénombre pas moins de 8000. 30% de ses habitants y croupissent. A cause de la malnutrition la population du pays est la seule au monde à rapetisser, les nouvelles générations sont plus petites que les précédentes. Epidémies, choléra endémique, espérance de vie de moins de 40 ans pour les 300000 hommes conduisant des rickshaws dans la capitale, etc. La liste des calamités est interminable. Même ce qui pourrait s’avérer comme une chance montre l’infortune de ce pays : les crues annuelles qui fertilisent abondamment les terres s’avèrent destructrices et fatales. Elles recouvrent le pays de mètres de limons à tel point qu’il n’y a pas de pierres ! Les bangladeshis sont obligés d’en importer pour construire maisons et routes ! Des légions de quasi esclaves cassent des cailloux sur le bord des routes ou à l’arrivée des bateaux afin d’en faire du gravier ! Ce reportage de commande pour un projet de livre avait pour but de montrer le Bangladesh sous un visage plutôt optimiste, sans verser dans le misérabilisme. Les images qui suivent ont essayé de répondre à cette mission sans pour autant mentir sur la réalité du pays. C’est dire… -Commande maison d'édition-



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